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Vendredi 14 septembre 2012 5 14 /09 /Sep /2012 18:32

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Lucia Etxebarria est l’une de mes auteurs préférés. Elle fait partie de ceux dont je guette les publications. Dernièrement, pour dénoncer le piratage de romans, elle a annoncé qu’elle ne publierait plus tant qu’une solution ne serait pas trouvée pour remédier au téléchargement illégal. Il ne reste plus qu’à espérer que l'on n'attendra pas trop longtemps cette solution.

Les histoires de Lucia Etxebarria sont souvent un peu déjantées, dures et très colorées. Il y est  question d’hommes et de femmes qui ne font pas les bons choix, de couples abîmés par la différence d’âge, de drogue, de sexe et de grossesses mal venues. Ses personnages sont souvent un peu à côté de la plaque et elle ne les aide jamais vraiment à s’en sortir. Je me souviens avec bonheur de son roman sur la maternité, Un miracle en équilibre, une perle de sensibilité et de justesse pour lequel elle avait d’ailleurs reçu le prix Planeta en Espagne (équivalent de notre prix Goncourt).

Dans son dernier roman, Le contenu du silence, l’ambiance est a priori beaucoup plus feutrée. Le personnage principal est Anglais et la retenue apparente dans son caractère déteint sur le début du récit. Gabriel, engagé dans des fiançailles dont l’absurdité, déjà en transparence au départ, va devenir de plus en plus prégnante au fil du récit, se retrouve aux Canaries, à la recherche de sa sœur disparue avec laquelle il n’était plus en contact depuis près de dix ans.

Il sera accompagné dans sa quête par la meilleure amie de sa sœur Cordelia qui lui racontera le glissement lent et vertigineux de Cordelia vers une secte qui a mené ses membres au suicide collectif.

Cette épopée pesante a pour décor les îles Canaries et leur luxuriante nature. Elle sont au départ présentées comme un paradis perdu, comme dans le mythe traditionnel, où l’isolation aurait permis l’absence de corruption humaine. Pourtant au fil des pages et à mesure que les protagonistes s'y aventurent, les Canaries, deviennent dangereuses et touffues, elles deviennent cet endroit où l’isolation a  permis la compromission et l’enrichissement hasardeux très loin de l’utopie.

Le contenu du silence, très beau titre quand on y repense après avoir terminé le livre, est une déclaration d’amour vivace aux îles Canaries. Mais c’est aussi une déclaration de guerre à l’instrumentalisation de la faiblesse. Et une démonstration amère de la détresse engendrée par les transgressions familiales.

Au final, Le contenu du silence est la dispersion d’une famille mixte entre abandon, deuil et les réminiscences aigres de trahisons tues. Le silence a creusé un abcès que les années ont recouvert d’un poison immonde, lie insupportable de trahisons fraternelles impardonnables.

Le contenu du silence ne ressemble pas tellement aux autres romans de l’auteure espagnole qui quitte le criard sensible pour nous offrir un témoignage bouleversant de l’emprise du fort sur le faible et de ses conséquences dévastatrices sur la nature humaine. Et si l’homme n’était qu’un animal parmi d'autres ?

Par Poppilita - Publié dans : Entre les pages
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Commentaires

Merci pour tous tes commentaires, qui m’ont fait trop plaisir !! Et maintenant je suis ravie d’avoir découvert ton blog – tu m’inspires de me plonger dans un monde plein de culture !

Commentaire n°1 posté par Christine le 26/09/2012 à 03h33

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