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Jeudi 2 août 2012 4 02 /08 /Août /2012 16:33

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Depuis mon ordinateur et bien avant notre voyage, je rêvais devant la page Internet dédiée à la comédie musicale « Book of Mormon ». Tous les critiques le disaient, c’était de loin la meilleure. Le hic c’est que le premier billet disponible était pour une représentation de milieu de semaine en janvier 2013. A priori, c’était donc raté.

Pourtant, un ami a réussi à me convaincre de participer à la loterie qui se déroule chaque jour devant le théâtre, et qui met en jeu des places au premier rang pour la modique somme de 32 dollars quand une place de ce type en vaut 200. Il avait gagné à la deuxième tentative et je me suis dit que c’était peut-être possible. Quelle ne fut pas ma joie quand mon nom a été tiré au sort!

Au premier rang où étaient assis tous les gagnants de la loterie, une excitation électrique se propageait d'un fauteuil à l'autre. Nous y étions!

Le Book of Mormon – heureusement j’avais suivi la série Big Love qui raconte les aventures d’une famille Mormon polygame cachée au milieu de gens qui ne le sont pas – met les deux pieds dans le plat. Et c’est extrêmement drôle.

Le spectacle s’ouvre sur le ballet synchronisé « d’éducateurs » Mormons, sorte de commerciaux chargés de faire du porte à porte et de convaincre le plus grand nombre de personnes possible de se faire baptiser. En uniforme, parfaitement soignés, extrêmement souriants, le ton est donné. On se moquera ouvertement de ce prosélytisme organisé et ahuri - qu'il soit mormon ou pas d'ailleurs. Les deux héros sont ainsi envoyés en Ouganda où la population locale, engluée entre contamination du sida et violences dictatrices, n’a que faire de ces discours parfaitement récités.

Le Book of Mormon, c’est l’histoire de cette rencontre absurde entre ce héros qui rêvait d’être envoyé à Orlando et à qui on conseille de refreiner toute question qu'il aurait envie de se poser sur sa place dans cette affaire, cet anti-héros, Mormon de fortune, hébêté, qui saura trouver la voie (x) pour parler au peuple et ces Ougandais qui ne rêvent que de croire au paradis.

Le spectacle a été réalisé par les créateurs de South Park alors il ne faudra pas s’étonner que l’on se moque de tout, de tous et qu’en plus, personne ne se vexe tant, la plupart du temps, on comprend que la critique, si bien vue, va au-delà des situations particulières dépeintes. Oui, parfois, les ficelles américaines sont grosses. Et la plupart du temps, c’est grotesque, obscène, blasphématoire et trangressif. Mais au final, c’est la pensée unique que l’on ridiculise, le manque d’esprit critique et les personnages, héros et anti-héros réussissent, en quittant les habits qu'on leur a mis de force, à prouver leur valeur.

Se moquer n'aura jamais été si jouissif.

Si vous passez par New York, je ne saurais que trop vous conseiller de tenter votre chance à la loterie quotidienne, deux heures avant chaque spectacle.

Pour plus d’information, c’est ici

Par Poppilita - Publié dans : Lever de rideau
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